« On est naïves. Un vent de niaiserie souffle dans nos cheveux et emporte nos quelques grammes de neurones conscients. On est niaiseuses. Pires qu'une chanson des bisounours. Notre vie est faite de chutes : On tombe, du ciel. On tombe, des nues. On tombe, amoureuses. On tombe encore, dans l'aveuglement. Puis on tombe, de haut. Et on tombe. Dans le mépris. On est benêts quand on est épris : on entend rien, ou alors des infectes chansons sentimentales, on ne voit rien, on ne s'exprime presque pas, de peur de trop parler de ce plaisir existant, de peur de le lâcher et le voir détaler au galop si on entrouvre les lèvres. On est sourd, aveugle, muet et irrémédiablement mielleux. On promène notre tête d'autiste heureux en sifflotant des airs joyeux. On sourit à tout le monde. Niaise, niaise, niaise. Dernières chutes, on tombe le masque, on tombe d'accord, ça tombe sous le sens, il tombe dans l'oubli et notre niaiserie des premiers jours aussi. Happy end, baby. »